Les règles du football américain des Blue Stars à Marseille
Fondés en 1994 sur les cendres des Rebels de Marseille, les Blue Stars de Marseille incarnent depuis plus de trente ans l’âme phocéenne du football américain.
Club historique de la cité, affilié à la Fédération Française de Football Américain (FFFA), ils évoluent en Championnat Élite (Division 1), le plus haut niveau national. Leur logo, inspiré des Dallas Cowboys des années 1990, symbolise une fierté locale et une ambition de rayonnement :

Avec plusieurs centaines de licenciés (entre 400 et 500 selon les saisons), des sections seniors Elite et D3, des catégories jeunes (U19, U16, U14, etc.), du flag football et du cheerleading, le club applique strictement les règles fédérales, elles-mêmes alignées sur celles de l’International Federation of American Football (IFAF), proches des règles universitaires américaines (NCAA).
Voici un tour d’horizon détaillé de ces règles telles qu’elles sont vécues au quotidien au stade Pierre-Delort (matchs Elite) et au stade de Saint-Jérôme (entraînements et autres sections).
Le terrain et l’équipement : un cadre réglementé
Le terrain de football américain mesure environ 100 yards de long (91,44 mètres) entre les lignes de but, plus deux zones d’en-but (end zones) de 10 yards chacune. La largeur standard est de 53,3 yards (environ 48,8 mètres). Des lignes de yardage tous les 5 yards, et des hash marks (marques de hachures) facilitent le placement du ballon.
Chez les Blue Stars, les matchs Elite se déroulent au stade Pierre-Delort, qui jouxte le Vélodrome, tandis que les entraînements se tiennent principalement au stade de Saint-Jérôme, au pied des immeubles du Merlan. La FFFA impose des normes de sécurité pour les installations, avec des recommandations sur le type de gazon (naturel ou synthétique) et l’éclairage selon le niveau de compétition.
L’équipement est central et strictement réglementé pour la sécurité :
- Chaque joueur porte un casque homologué avec grille de protection, des épaulières (shoulder pads), des protections de hanches, genoux, cuisses et coccyx, ainsi qu’un protège-dents obligatoire
- Les maillots doivent être numérotés de manière standard (1-99, avec des plages réservées selon les positions : 1-19 pour les quarterbacks et kickers, 50-79 pour les linemen, etc.)
Les Blue Stars insistent sur le respect de ces normes : le matériel (casque, épaulières) peut être loué ou acheté via le club, et les joueurs seniors contribuent souvent aux frais.
Toute communication électronique non autorisée est interdite pendant le match, sauf dispositifs médicaux prescrits.
La FFFA met l’accent sur la prévention des commotions (technique « Heads Up Football » : tête relevée lors des contacts) et diffuse des fiches de sensibilisation aux joueurs, parents et entraîneurs.
Structure d’une équipe et déroulement du jeu
Une équipe aligne 11 joueurs en attaque et 11 en défense. Le roster Elite des Blue Stars dépasse souvent les 60 joueurs, avec des spécialistes offensifs, défensifs et d’équipes spéciales (kicking, punting, return).
Aucun n’est professionnel : le club reste amateur, avec un budget de 250 000 à 300 000 euros, financé en partie par des subventions, des partenaires, des licences (environ 300 € pour les seniors Elite) et du bénévolat. Seul le head coach / directeur sportif (Bavuong Souphanthavong ces dernières saisons) est salarié de la partie sportive ; les « imports » américains (recrues expérimentées) sont défrayés.
Le match se divise en quatre quart-temps de 12 minutes de temps de jeu effectif (horloge qui s’arrête dans de nombreuses situations : hors-jeu, incomplete pass, sortie de terrain, etc.). Le temps réel d’un match dépasse largement l’heure. Chaque équipe dispose de trois temps morts par mi-temps. L’attaque dispose de quatre tentatives (downs) pour gagner au moins 10 yards. Si elle y parvient, elle obtient un nouveau premier down. Sinon, elle rend le ballon (turnover on downs) ou tente un coup de pied (punt). Le ballon est mis en jeu par un snap (passe entre les jambes du centre vers le quarterback).
Les actions principales sont la course (run) et la passe avant (forward pass).
Une seule passe avant est autorisée par jeu, et elle doit être lancée depuis derrière la ligne de scrimmage. Les passes latérales ou en arrière sont libres.
Le but ultime est de franchir la ligne de but adverse pour un touchdown (6 points), suivi d’une tentative de transformation : un point au pied (extra point) ou deux points en jeu de conversion depuis la ligne des 2 ou 3 yards. Un field goal (coup de pied entre les poteaux) vaut 3 points ; un safety (plaque dans sa propre end zone) rapporte 2 points à la défense.
Les phases de jeu et le scoring chez les Blue Stars
Les Blue Stars, connus pour une défense solide et un jeu équilibré, exploitent pleinement ces règles.
En attaque, le quarterback (souvent un import américain expérimenté ces dernières saisons) lit les défenses et lance vers des wide receivers, tight ends ou running backs. Les linemen offensifs bloquent pour ouvrir des brèches. En défense, les linebackers, defensive backs et linemen cherchent à stopper la course, presser le quarterback ou intercepter. Les équipes spéciales gèrent les kickoffs, punts et field goals.
Les pénalités sont nombreuses et strictement appliquées par les arbitres FFFA (minimum 5 arbitres). Offside, false start, holding (tenue), pass interference, roughing the passer, unsportsmanlike conduct… Chaque faute entraîne un recul de 5, 10 ou 15 yards, et parfois la perte d’un down.
Chez les Blue Stars, l’accent est mis sur la discipline et l’intelligence de jeu : le président Didier Della Guardia souligne souvent l’interdépendance des 11 joueurs et le travail de mémoire tactique (jusqu’à 50 schémas par match).
Le score final détermine le vainqueur. En cas d’égalité après le temps réglementaire, des prolongations (overtime) sont disputées selon les règles IFAF/FFFA en vigueur.
Les Blue Stars ont connu des finales et demi-finales nationales (finaliste 2023 du Casque de Diamant, plusieurs demi-finales), prouvant leur maîtrise de ces subtilités.
Adaptations pour les jeunes, le flag et le contexte amateur
Les règles s’adaptent selon les catégories. Chez les U19, U16 ou plus jeunes, le contact peut être modulé, et le format parfois allégé pour la sécurité et l’apprentissage. Le club propose aussi du flag football (sans contact : on arrête le porteur en retirant un drapeau attaché à la ceinture).
Les règles flag 5 contre 5 de la FFFA sont plus fluides, axées sur la passe et la vitesse, et le club a été champion de France de flag.
Le cheerleading, section active des Blue Stars, suit ses propres règlements techniques fédéraux (stunts, dance, routines), avec des prestations lors des matchs Elite.
En tant que club amateur, les Blue Stars appliquent les règlements sportifs FFFA sur les licences, transferts (limites sur les joueurs étrangers et transferts), contrats d’objectifs par division, et obligations médicales (questionnaire santé, assurance).
Les joueurs participent aux frais de déplacement (quelques euros) et respectent un code de conduite.
La formation locale est prioritaire : l’objectif affiché est de bâtir une équipe « full minots » marseillaise tout en intégrant des talents expérimentés.
Sécurité, esprit et identité marseillaise
La sécurité prime. La FFFA et le club insistent sur les techniques de plaquage correctes, l’équipement homologué et la prévention des blessures.
Les arbitres ont une autorité totale sur le terrain. L’esprit du jeu (Football Code) promeut le fair-play, le respect et la compétitivité.
Pour le club des Blue Stars à Marseille, ces règles ne sont pas qu’un cadre technique : elles structurent une culture d’équipe, de dépassement et d’ancrage social.
Entraînements deux fois par semaine (mardi/jeudi pour l’Elite, autres créneaux pour les jeunes et loisirs), matchs le week-end, actions civiques…
Le football américain, avec ses arrêts stratégiques et son intensité physique, devient un outil d’éducation et de cohésion dans les quartiers marseillais.
En résumé, les Blue Stars pratiquent un football américain fidèle aux standards IFAF/FFFA : 11 contre 11, downs, touchdowns, équipement protecteur, et une forte dimension tactique.
Cette rigueur réglementaire, combinée à la passion phocéenne, explique leur place parmi les meilleurs clubs français et leur rôle de formateur reconnu.
Que l’on soit joueur, supporter ou simple curieux, comprendre ces règles permet de saisir toute la beauté de ce sport de « gladiateurs modernes » qui, à Marseille, se joue avec le cœur et l’accent du Sud.
Il se peut même que vous croisiez l’équipe des Blue Stars au Black Stone se rafraîchir le gosier et fêter leur victoire après leur match !